Pananarama

Pananarama

Le 20 juin à partir de 19h, soirée de fin de résidence de Matéo – ou Mathieu – Simon.

Invitation spéciale de Scarlatti Goes Electro

En costume d’époque, coiffé de perruques, le duo s’inspire des sonates entêtantes du compositeur Domenico Scarlatti pour faire entrer en collision joyeuse la musique baroque, le jazz, les gros beats eurodance et le turbofolk.
Pour plus d’infos :http://scarlattigoeselectro.blogspot.fr/


RABBOUNI
Vois cet arbre Éphébos. Contrairement à toi il est constitué d’un bois si noueux que même le meilleur des bûcherons ne pourrait y tailler des poutres bien droites … ni en extraire toute la sève d’ailleurs.

EPHEBOS
Certes mais à l’inverse de moi ce vénérable tronc n’a plus à prouver son endurance ce qui n’est pas mon cas : parfois une flatulence cérébrale suffit à me faire ployer.

RABBOUNI
Ne noue pas si vite des liens Éphébos car en vérité, en vérité je te le dis, cela ligote la pensée.

EPHEBOS
Oui Rabbouni.


Mathieu – ou Matéo – Simon a engagé depuis une dizaine d’années une réflexion autour des notions de copie, de reproduction, d’original, d’imitation, de contrefaçon et ipso facto de mensonge et de mythe. Il revient volontiers sur la volonté de croire encore bien présente chez nos contemporains en un «mythe de l’artiste» (Klein déposant «sa» couleur, Beuys se crashant en Crimée, etc.), vision romantique finalement assez désuète qui bien souvent ne résiste pas à une étude historique des faits eux-mêmes.

Explorant avec amusement des pans entiers de l’histoire de l’art, ses propositions artistiques prennent corps dans des disciplines très variées : performance (décocher une flèche en plein centre d’une cible de Jasper Johns), peinture (une copie de l’Origine du Monde de Courbet effectuée à la langue) ou encore l’entretien d’artiste(“A Stuka for Tobruk”, sur le mythe du crash beuysien).

“Le plagiat est nécessaire, le progrès l’implique.”

(Isidore Ducasse)

ÉLÉMENTS DE LANGAGE

“Voilà, l’idée c’est que je ne me reconnais pas si tu veux dans la mouvance appropriationniste (de Sherrie Levine par ex.), ni dans la notion de “mix”. Je précise car j’ai souvent des remarques de ce type. En un sens — et pour aller très vite —, ça ne m’intéresse pas de refaire pour ne pas culbuter quelque chose. Au contraire je me sens plus proche du plagiat à la Lautréamont, ou encore de l’approche menée par exemple Elisabeth Sturtevant. J’utilise vraiment l’histoire de l’art comme un matériau qui n’a pas qualitativement plus de sens que de la glaise quand bien même elle propose évidemment un champ de possibles et de lectures quantitativement beaucoup plus grand. C’est aussi une façon de désacraliser et de pisser debout sur tout un tas d’icônes quasi-religieuses du milieu. Réjouissance.