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Sortir du Cinéma
Programmation 2013/2014
Téléchargez le programme complet ICI !

Programmation au cinéma de la Maison de la culture de Bourges.
En partenariat avec l’École nationale supérieure d’art de Bourges.


Le cinéma connaît aujourd’hui une profonde mutation. L’arrivée du numérique, la démocratisation des pratiques, la dissémination du médium dans l’espace social ont déplacé ses repères et ses frontières. Si le cinéma s’est affirmé comme technique et comme référence pendant plusieurs décennies, il n’est plus un art qui ne peut s’intéresser qu’à sa seule histoire. Il est une fenêtre parmi d’autres sur l’écran de l’ordinateur qui doit composer avec les autres arts. Son exposition de plus en plus fréquente hors de la salle de projection déplace le lieu de sa propre définition. Quelle est la nature de cette transformation ? Sommes-nous à jamais sortis du cinéma ?

Ce programme propose un ensemble de films hantés par les motifs de la sortie et de la métamorphose. Qu’il s’agisse d’un rituel de la bourgeoisie transformé en huis clos dans l'Ange exterminateur (Luis Buñuel, 1962), d’un « film égaré dans le cosmos » ou « trouvé à la ferraille » comme Week-end (Jean-Luc Godard, 1967), d’une épopée baroque entre l’opéra et l’agit-prop dans l’Âge de la Terre (Glauber Rocha, 1980), d’une rêverie sur les puissances oniriques de la reprise dans Deux fois (Jackie Raynal, 1969), d’une méditation sur les relations entre le cinéma et le music-hall dans Parade (Jacques Tati, 1974), du dialogue entre cinéma et danse dans Toute une nuit (Chantal Akerman, 1975) ou de la lecture performative d’un script par Marguerite Duras dans le Camion (1977), chacun de ces films propose une sortie du médium, souvent radicale, parfois aporétique, en envisageant ses limites historiques et ses liens avec les autres arts.

Se dessinent, à travers cette constellation, la relation souvent complexe entre la « politique des auteurs » héritée de la Nouvelle Vague et le cinéma d’avant-garde, mais également la manière dont le cinéma, en explorant les arcanes de l’appartement privé, de la forêt révolutionnaire, de la cité futuriste, du studio, de la piste de cirque, de la ville nocturne, de la chambre d’écoute, aura réfléchi aux possibilités mêmes d’un dehors. Comme l’écrit Isidore Isou : « Lorsque vous voyez quelqu’un entrer dans une salle, vous ne savez jamais s’il utilisera des sorties de secours habituelles ou s’il est outillé pour pratiquer un trou dans le brouillard blindé des signes ».

Érik Bullot