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SOLARIS, Dominique Blais
Mars 2011
Exposition au Transpalette, Emmetrop

Réalisation: Philippe Zunino
Production Bandits-Mages

Bandits-Mages on Vimeo

Depuis quelques années, une part des artistes français a investi le champ sonore. Par ce médium, ils mettent en crise l'espace de présentation, s'interrogent sur l'essence du temps et tentent de construire un nouveau mode de perception et de réception pour le spectateur.

Cet élargissement du champ artistique avait pris sa source dans les expérimentations musicales des années 1950 au Black Mountain College, et plus avant dans les expériences synesthésiques depuis le XIXe siècle.

Depuis, tout un pan de la scène nord-américaine s'est développé de Mickael Snow à Christian Marclay en passant par Brandon Labelle, en prenant le son comme une des composantes essentielles des cultures populaires. L'une des caractéristiques de cette génération d'artistes français qui émerge depuis les années 1990 est justement de s'être emparée de ce paradigme.

Sur ce point, on peut citer des artistes aussi divers que Saâdane Afif, Cécile Babiole, Céleste Boursier-Mougenot, Rainier Lericolais, Arnaud Maguet, Laurent Montaron, Erik Samakh… (bien qu'en dehors de cette logique, il est entendu que les pratiques de ces artistes diffèrent radicalement).

Si certains excluent totalement la présence de l'objet, d'autres affirment la capacité du son à faire «image» ou bien se préoccupent principalement du dispositif. Le constat est que la question sonore s'est généralisée au-delà des spécialistes du «genre».

Dominique Blais s'inscrit dans cette trajectoire. Il a la conscience affirmée que la puissance dionysiaque du son n'est pas antinomique au miroitement apollinien des images. Si sa position repose sur des objets et des configurations de «choses» qui s'imposent au regard, le son en constituerait son horizon.

Il y a chez cet artiste, la volonté de jouer simultanément sur toutes les composantes de la perception et de la réception. Ce qu'il cherche à chaque fois à mobiliser, c'est non seulement le corps en tant que chambre d'échos où se condensent l'extérieur du réel et l'intériorité de l'imaginaire, mais aussi de conduire le spectateur à sortir de ses repères en mettant en scène une critique distanciée des procédures de l'expérience.